Rapport Annuel du secrètaire d'état de l'OTAN pour 2012

Publié le par revivall

"Les dépenses militaires sont de plus en plus déséquilibrées entre les Alliés, non seulement entre les États-Unis et les pays européens, mais aussi au sein même de l'Europe", a déclaré Anders Fogh Rasmussen, présentant le rapport annuel de l'Alliance atlantique, à Bruxelles.

"Pendant que certains alliés européens vont continuer à acquérir des moyens militaires modernes et adaptés, d'autres auront de plus en plus de difficultés à le faire. Cela pourrait affecter la capacité des alliés à collaborer efficacement dans la gestion des crises internationales». Cet avertissement fait écho à celui de responsables américains qui exhortent depuis plusieurs années les Européens à ne pas baisser la garde.

Seuls trois pays de l'OTAN, les États-Unis, la Grande Bretagne, la Grèce, consacrent plus de 2% de leur PIB à la défense, selon le rapport. Or, les 28 pays membres de l'Alliance s'étaient engagés en 2006 à ne pas réduire au dessous de ce seuil de 2% leur budget militaire.

Le rapport montre en outre que seuls les Britanniques, les Américains et les Estoniens ont augmenté ces dépenses entre 2007 et 2011. À l'opposé, plusieurs grands pays européens ont réduit drastiquement leur budget, en particulier l'Italie et l'Espagne, cette dernière consacrant désormais moins de 1% de son PIB à la défense.

En Suède, qui n'est pas membre de l'OTAN, le chef d'état-major, le général Sverker Göranson, a récemment provoqué un choc en déclarant qu'en cas d'attaque militaire limitée, son pays ne serait capable de se défendre qu'environ une semaine. Même avec un budget en baisse, la France reste "parmi les bons élèves", souligne un responsable de l'Alliance. M. Rasmussen a d'ailleurs salué "son action rapide et efficace" au Mali.

Pour le patron danois de l'OTAN, le risque est que l'Europe perde «en influence sur la scène internationale" par rapport non seulement aux États-Unis, mais aussi aux pays émergents qui, à l'image de la Chine, renforcent leurs capacités militaires.
Cet avertissement a déjà été lancé par la directrice de l'Agence européenne de la défense, Claude-France Arnould, pour qui l'Europe ne doit pas "prendre le risque d'un déclassement stratégique".

Dans son rapport, le patron de l'OTAN met également l'accent sur le poids économique et social du secteur. «Si nous réduisons trop fortement nos dépenses militaires, nous risquons d'aggraver la situation économique», en affaiblissant des entreprises qui sont des "acteurs importants en terme d'innovation, d'emplois et d'exportations". Concrètement, il est possible de "minimiser les coûts" en promouvant des «solutions multinationales», selon M. Rasmussen. L'OTAN tente pour cela de lancer des programmes communs dans le cadre du concept "Smart Defence" ("Défense intelligente").

Rapport de l'OTAN: nato.int

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