Le Conclave devrait être bref: 15-16 Mars 2013 Nouveau Pape 17 Mars 2013

Publié le par revivall

Conclave accéléré, nomination probable à la tête de la Banque du Vatican... Le directeur de l’"Osservatore Romano" révèle les prochaines étapes au Vatican.

 

Le directeur du journal du Vatican, l’"Osservatore Romano", Giovanni Maria Vian, proche du petit cercle du pape, confie en exclusivité au "Nouvel Observateur" les détails de la renonciation de Benoît XVI et nous livre ses pronostics sur la tenue du conclave.

Quand Benoît XVI a-t-il pris fermement sa décision ?

- Benoît XVI a arrêté cette décision en mai 2012, peu après les voyages qui ont eu lieu fin mars au Mexique et à Cuba notamment, où il était venu soutenir une église en détresse. Le séjour avait été un succès, mais il s’était rendu compte alors que ses forces s’évanouissaient.

Qui était au courant à la curie ?

- Un nombre infime de personnes, bien sûr. Au début, il n’y avait que son secrétaire Georg Gänswein, son premier ministre Tarcisio Bertone et le doyen du Collège des cardinaux, Angelo Sodano. Dans les tous derniers jours, ils étaient moins de dix à avoir été avertis. La stupéfaction était d’ailleurs assez lisible sur les visages des cardinaux présents lundi durant son annonce.

Comment vivez-vous cette renonciation papale ?

- Je suis personnellement très touché. Comme tous, je me sens triste de quitter ce pape et en même temps soulagé de le savoir vivant et priant pour l’Eglise. Cela me donne un peu le sentiment de vivre un "deuil blanc". Les réactions de ses très proches, des religieuses qui l’accompagnent dans sa vie quotidienne, m’ont particulièrement émues. La sœur Birgit Wansing par exemple, qui est la seule à savoir décrypter l’écriture abrégée du pape et qui est d’apparence plutôt sévère, pleurait comme une enfant. C’était bouleversant. Le choix de cet homme spirituel n’est cependant pas complètement étonnant. Ratzinger n’a rien fait pour être pape. Il ne le désirait même pas. Il a été élu à un âge avancé et il avait assisté à la fin du pontificat de Jean-Paul II. C’est sans doute pourquoi il a pensé à sa démission dès le début de son pontificat.

Son geste a-t-il désacralisé la fonction papale ?

- Je ne le crois pas, ou alors dans un sens tout à fait positif. Il a avant tout montré le sens chrétien du pouvoir, qui est pour un évêque d’être au service.

L’émotion était-elle encore aussi forte en ce mercredi des Cendres ?

- Elle était même plus intense selon moi. Pour cette dernière célébration des Cendres menée par Benoît XVI, la Basilique Saint Pierre était plongée dans la pénombre, les chants s’élevaient en latin et la procession pénitentielle a eu lieu exactement comme elle a l’habitude d’être exécutée à la basilique Sainte Sabine sur la colline de l’Aventin, où le pape est traditionnellement accueilli en ce premier jour de Carême. Le saint Père a fait une très belle homélie, où il a évoqué lui-même le caractère exceptionnel de cette célébration. Puis le Camerlingue Bertone a fait un discours très personnel pour exprimer sa reconnaissance au pape. A plusieurs reprises, sa voix s’est étranglée. A la fin, il y a eu un tonnerre d’applaudissements de presque quatre minutes, que Benoît XVI a interrompu en remerciant et en invitant à la prière. Enfin, il est descendu de l’autel et, transporté sur la plate-forme à roulettes qu’on lui a fabriquée, il est sorti sous un nouveau feu d’applaudissements. Beaucoup pleuraient.

Le pape est-il en réalité malade ?

- Non, il est âgé, mais il va plutôt bien. Vendredi dernier, il y a cinq jours seulement, j’étais encore avec lui au Séminaire romain, où il était venu parler à 200 séminaristes. Il est entré dans la chapelle, s’est assis devant l’autel, a écouté la lecture des premiers passages de la lettre de saint Pierre, et ensuite, sans avoir pris aucune note, il a prononcé un discours de 26 minutes qu’on aurait cru être écrit devant lui ! Il a rappelé que l’arbre de l’Eglise était toujours vivant. Puis il a dit : "Un autre va venir. Il ne faut pas écouter ceux qui annoncent les malheurs. L’avenir est à nous, l’avenir est à Dieu". C’est une citation de Jean XXIII, particulièrement annonciatrice de sa décision…

Concrètement, quel est le programme de la fin du pontificat ?

Le pape recevra les 15 et 16 février, les chefs d’état roumain et guatémaltèque, ainsi que le président du Conseil italien et le président de la République le 23. Mais surtout il va faire une semaine de retraite, puisqu’il suivra les traditionnels exercices spirituels de la curie, dirigés par le cardinal Ravasi, et toutes les audiences sont supprimées. Suivront le congé des cardinaux et la dernière audience générale sur la place Saint Pierre le 27. Le dernier jour, le 28 février, à 17 heures précises, un hélicoptère conduira Joseph Ratzinger à Castel Gandolfo, et à 20 heures… il ne sera plus pape.

C’est une situation absolument inédite. A cet instant, la vacance du trône débutera en même temps que les congrégations générales, durant lesquelles les cardinaux se réunissent pour échanger leurs opinions en vue de l’élection. Il y aura évidemment aussi de nombreuses rencontres informelles et des pourparlers en-dehors du Vatican. Beaucoup de ces cardinaux ne se connaissent pas, c’est l’occasion de se renseigner sur les candidats et de compter les voix…

Après son séjour à la résidence d’été et une fois le nouveau souverain pontife élu, que fera Josef Ratzinger ?

- Il l’a dit, il souhaite finir ses jours dans la prière. Même s’il est très probable qu’il continue à écrire. Sans doute aussi achèvera-t-il son Encyclique sur la foi. Peut-être en revanche, connaissant son élégance et sa discrétion, préférera-t-il la publier post-mortem par égard pour son successeur. Il est en train d’essentialiser son existence, d’une certaine façon. Il a décidé de loger au monastère Mater Ecclesia, qui est consacré à la vie contemplative. C’est un endroit très sobre, situé au sommet du Vatican, et qui est entouré des jardins où il affectionne se promener. Il y a lui-même lancé des travaux d’aménagement en octobre, autre preuve qu’il avait soigneusement préparé sa renonciation.

Dans quel état laisse-t-il l’Eglise ?

- Il a tout fait pour simplifier la succession et laisse le pontificat dans un moment relativement tranquille ; la crise la plus aiguë est passée. Il faudra du temps par ailleurs pour assimiler la richesse de ce qu’il a enseigné, aussi bien aux croyants qu’aux non-croyants. Il a produit des avancées dans le domaine des relations avec les juifs, avec l’islam, avec l’Orient chrétien. Il a œuvré pour la paix au sein de l’Eglise, bien qu’il n’ait pas pu y parvenir entièrement puisque les Lefebvristes ont campé sur leurs positions. Lui aura tout tenté en tout cas, peut-être trop diront certains. Mais au moins peut-il partir en ayant le sentiment du travail accompli.

Benoît XVI a souvent et récemment insisté sur la nécessaire éthique du monde des finances. Puisque tout semble avoir été pensé, est-il possible qu’un nouveau président soit nommé rapidement à la tête de la Banque du Vatican - l’IOR, Institut pour les œuvres religieuses – dont le précédent dirigeant avait été limogé en mai dernier ? 

- Rien n’est exclu, je suis persuadé qu’il y aura beaucoup de surprises durant ces quinze jours à venir.

Quelles sont pour vous les images les plus fortes de son action pontificale ?

- Je dirai le voyage de 2009 en Terre sainte et le voyage de septembre au Liban, qui offrait une magnifique conclusion. Au retour, j’ai clairement eu le sentiment que c’était le dernier voyage. Peut-être parce qu’il était vraiment dangereux et qu’il avait décidé de le faire alors que tout le monde lui déconseillait. J’avais du coup été très étonné quand il avait ensuite confirmé le voyage au Brésil pour les JMJ de juillet. Mais à présent, je comprends mieux, il savait déjà qu’il aurait un successeur pour les célébrer à sa place.

Comment imaginez-vous la tenue du conclave ?

- Selon mes pronostics, le conclave pourrait débuter le 15 ou le 16 mars et il devrait être très bref, un ou deux jours maximum. La pression médiatique est très forte, les cardinaux savent qu’ils ne peuvent pas donner l’image d’une Eglise divisée. Ainsi, le nouveau pape pourrait débuter sa charge dès le 17 mars, pour le dimanche des Rameaux.

Propos recueillis jeudi 14 février par Marie Lemonnier - Le Nouvel Observateur

 


Source: nouvelobs.com

 

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