Egypte: des milliers de manifestants marchent sur le palais présidentiel

Publié le par revivall

Esaïe 19 (version Ostervald)

   1 Oracle sur l'Égypte. Voici, l'Éternel est porté sur un nuage léger; il vient en Égypte, et les idoles d'Égypte tremblent devant lui, et le coeur des Égyptiens se fond au-dedans d'eux. 2 J'armerai l'Égyptien contre l'Égyptien; et ils combattront chacun contre son frère, et chacun contre son ami, ville contre ville, et royaume contre royaume. 3 Et l'esprit de l'Égypte s'évanouira au milieu d'elle; je détruirai son conseil, et ils consulteront les idoles et les enchanteurs, les évocateurs d'esprits et les devins. 4 Je livrerai l'Égypte aux mains d'un maître dur; et un roi cruel dominera sur eux, dit le Seigneur, l'Éternel des armées.

 

Des milliers d'Egyptiens se sont rassemblés mardi au Caire pour manifester jusqu'au palais présidentiel contre les amendements constitutionnels pris par Mohamed Morsi le 22 novembre pour élargir ses pouvoirs, et contre le projet de Constitution adopté par ses alliés islamistes.

Des centaines de policiers en noir ont été déployés autour du palais d'Al-Ittihadiya dans le quartier d'Héliopolis. Des barbelés ont également été installés à l'extérieur du site et les routes alentours ont été bloquées. Les manifestants se sont rassemblés dans l'après-midi place Tahrir et dans d'autres lieux non loin de là pour se diriger vers le bâtiment présidentiel.

"La liberté ou la mort!", ont scandé plusieurs centaines de personnes, devant une mosquée du quartier d'Abbasiyah. "Mohamed Morsi? Illégitime! Frères? Illégitimes!", ont-ils aussi crié, faisant allusion aux Frères musulmans dont est issu Morsi.


Dernière mise en garde

"C'est la dernière mise en garde avant que nous n'établissions le siège du palais présidentiel", a déclaré Mahmoud Hachim, un étudiant de 21 ans venu de Suez, sur la mer Rouge. "Nous voulons voir les décrets présidentiels annulés".

Plusieurs centaines de manifestants se sont aussi rassemblés devant la résidence de Mohamed Morsi dans une banlieue huppée non loin du palais d'Al-Ittihadiya. "A bas les fils de chiens! Nous sommes le pouvoir et nous sommes le peuple", ont-ils scandé.

Mohamed Morsi ne semble pas prêt à faire des compromis. Selon un communiqué de son cabinet, le chef de l'Etat a rencontré ce mardi le vice-président, le Premier ministre et plusieurs membres importants du gouvernement pour évoquer les préparatifs du référendum sur la Constitution, prévu le 15 décembre. Le communiqué laisse entendre que le travail se poursuit comme d'habitude.

L'opposition espérait une forte mobilisation, à l'image de la manifestation de la semaine dernière place Tahrir où au moins 200.000 personnes s'étaient rassemblées pour réclamer l'annulation des amendements constitutionnels. Des centaines de manifestants campent sur la place depuis près de deux semaines.

Les islamistes, eux, ont rassemblé des centaines de milliers de soutiens dans la ville de Gizeh (sud du Caire) samedi dernier et dans d'autres villes du pays, comme Alexandrie. Des milliers d'autres ont fait le siège de la Cour suprême constitutionnelle, la plus haute juridiction d'Egypte.


Journaux en grève

Mardi, au moins huit journaux influents ont suspendu leur publication. De nombreux journalistes considèrent ce projet constitutionnel comme une menace pour la liberté d'expression. De leur côté, les chaînes de télévision privées entendent organiser mercredi leur propre grève et n'émettront aucun programme de toute la journée.

Le projet de nouvelle Constitution a été adopté à la hâte vendredi dernier par les islamistes, majoritaires à l'Assemblée constituante égyptienne, sans la participation des libéraux et des chrétiens, aggravant ainsi les tensions dans le pays.

Le texte renforce les dispositions faisant de la charia, la loi islamique, le fondement de la loi. Il donne aux religieux un rôle pour veiller à la conformité des textes législatifs avec la charia et déclare l'engagement de l'Etat à faire respecter la morale et la "famille traditionnelle", une formulation assez large pour susciter la crainte des défenseurs des droits de l'Homme qui craignent qu'elle ne soit utilisée pour restreindre les libertés civiles, le droit des femmes et celui des minorités.

 

Source: romandie.com

Publié dans Actualité

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