Edward Snowden: Interview et Enquête sur l'ex-agent de la CIA dénonçant le programme PRISM

Publié le par revivall


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Edward Snowden - Interview sur l'essentiel par RenaissanceRevival


Qui est Edward Snowden ?

 

Ex-technicien à la CIA, Snowden travaillait depuis quatre ans à la NSA, en tant qu'employé de divers sous-traitants, dont Dell ou Booz Allen Hamilton, son dernier employeur, quand il a fait fuiter des documents confidentiels. Comme il l'explique au quotidien britannique, il a choisi de révéler lui-même son identité : "Je n'ai aucune intention de me cacher parce que je sais que je n'ai rien fait de mal". Ce technicien qui travaillait dans des bureaux à Hawaï n'est pas un homme d'argent ; il a ainsi choisi de sacrifier son confortable salaire annuel de 200 000 dollars pour ses idéaux : "Je voulais sacrifier tout ça parce que je ne pouvais pas, en bonne conscience, permettre au gouvernement américain de détruire la vie privée, la liberté d'internet et les libertés fondamentales des peuples à travers le monde avec cette machine de surveillance massive qu'il construit secrètement." 

Le 20 mai, il s'est envolé pour Hong Kong, prétextant subir une opération pour soigner son épilepsie. Il avait déjà copié tous les documents qu'il souhaitait révéler, et a préféré ne pas prévenir sa compagne. "Je ne pense pas pouvoir revenir chez moi" déclare-t-il au Guardian dans la vidéo, tournée dans l'ancienne colonie britannique.

 

Qu'est-ce qu'il a permis de révéler ?

 

Grâce aux documents fuités par Edward Snowden, le Guardian a révélé jeudi 6 juin que la NSA, l'Agence nationale de sécurité américaine, aurait demandé à la société de téléphonie Verizon des informations sur les données de tous ses clients, qu'ils soient suspectés dans des affaires en cours ou non. Cette surveillance a été autorisée par un juge, du 25 avril au 19 juillet 17 heures : les services de renseignement ont accès durant ce laps de temps à toutes les métadonnées téléphoniques du plus grand opérateur de télécommunication des Etats-Unis. Cela signifie aussi bien les numéros de portables internationaux, les équipements utilisés, que les durées et heures des appels. Tout, sauf le contenu des appels, pour les citoyens américains mais aussi les étrangers.

 Le Washington Post et le quotidien britannique ont ensuite révélé vendredi  7 juin que les services de renseignement ont également accès aux serveurs de neuf géants de l'Internet et du monde micro-informatique comme Google, Apple ou Facebook afin d'intercepter les communications d'internautes étrangers : c'est le fameux – et top secret – programme PRISM.

 

La réaction des autorités

 

Devant le tollé provoqué par ces révélations, les autorités ont été obligées de réagir, et de déminer la polémique. Le programme Prism est "légal" assure ainsi James Clapper, le directeur du renseignement national. Ce programme, autorisé dans le cadre du Foreign Intelligence Surveillance Act (loi pour la surveillance et le renseignement à l'étranger), et du Patriot Act voté un mois après les attentats du 11 septembre "était largement connu et avait été évoqué publiquement depuis sa mise en œuvre, en 2008", poursuit-il. "Les fournisseurs de services donnent des informations au gouvernement quand ils y sont contraints par une décision de justice", a-t-il également déclaré. Le programme Prism ne vise pas de citoyens américains ou quiconque vit aux Etats-Unis, a-t-il également assuré. Et l'administration ne peut demander des informations sur une personne vivant à l'étranger "sauf s'il existe des renseignements précis justifiant cette demande (...) et que l'on peut raisonnablement penser que cette cible est en dehors des Etats-Unis"

 

Les autres affaires d'espionnage qui ont touché l'administration Obama

 

Ces révélations apparaissent alors que l'administration Obama doit faire face à de nombreuses affaires où sont pointées du doigt l'intervention des renseignements dans la vie privée de certains de ces citoyens ou encore la remise en cause de la protection des sources journalistiques.

Tout d'abord, les américains au pouvoir auraient tenté de camoufler les responsabilités dans le cadre de l'attaque contre le consulat de Benghazi le 11 septembre 2012. Ensuite en mai, une responsable du fisc américain a laissé filtrer que certains de ses employés avaient spécifiquement ciblé le Tea Party dans leurs contrôles. Enfin trois jours plus tard, l'agence Associated Press (AP) révélait que les lignes téléphoniques de vingt de ses reporters avaient fait l'objet d'une surveillance, dans le cadre d'une enquête sur des fuites dont elle a bénéficié en 2012 (sur une tentative d'attaque terroriste ayant été déjouée au Yémen en 2012).

 

Sources:

Edward Snowden: the whistleblower behind the NSA surveillance revelations

guardian.co.uk

Edward Snowden: saving us from the United Stasi of America

guardian.co.uk

This abuse of the Patriot Act must end

guardian.co.uk

Whistleblower’s NSA warning: ‘Just the tip of the iceberg’

washingtontimes.com

US surveillance has 'expanded' under Obama, says Bush's NSA director

guardian.co.uk

 

Voir aussi:

 

Informateur sans bornes: L'outil secret de la NSA suit les données sur la surveillance mondiale

Accès de la NSA à une porte dérobée dans tous les logiciels Windows de 1999 à nos jours

Annonymous révèlent des fichiers d'espionnages dans 35 pays du monde

Des alternatives contre le programme Prism (Microsoft,Yahoo,Google,...)

La NSA et le programme Prism

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